Photo d'une forêt

Les 7 questions à se poser avant d'investir dans une forêt

Sommaire

Vous voulez vous lancer dans l’achat d’une forêt et vous souhaitez obtenir plus d’informations sur le sujet ? Marché, objectif de patrimoine, budget à consacrer, rentabilité, fiscalité, précautions à prendre, Ooinvestir répond à 7 questions essentielles avant de réaliser un investissement forestier. 

1. Quelles sont les spécificités du marché forestier ?

Avant de vous lancer dans un investissement forestier, il faut garder en mémoire que ce type de placement s’envisage sur le long terme. La patience est de mise !

Qu’est-ce qu’une forêt ?

L’inventaire forestier de l’Institut National de l’information géographique et forestière (IGN) définit la forêt selon plusieurs critères :

  • un territoire occupant une superficie d’au moins 50 ares ;
  • des arbres capables d’atteindre une hauteur supérieure à 5 mètres à maturité ;
  • un couvert arboré de plus de 10 % ;
  • une largeur moyenne d’au moins 20 mètres.

Les surfaces inférieures à 0,5 ha sont considérées comme des bosquets.

La répartition du marché forestier en métropole

Toujours selon l’IGN, les forêts représentaient 31 % du territoire métropolitain en 2021, pour un total de 17 millions d’hectares (ha). Et ce chiffre ne cesse de croître depuis le début du XXe siècle.

Entre 1908 et 1985, la France a vu sa superficie forestière augmenter de 50 000 ha par an en moyenne, avec des progressions particulièrement marquées sur la pointe bretonne et dans le Massif central.

Depuis 1985, cette moyenne est passée de 50 000 à 80 000 ha par an. Les raisons ? De nombreuses politiques de boisement et de reboisement, mais aussi l’exode rural et la révolution agricole d’après-guerre sur l’ensemble du territoire. Au total, pas moins de 2,8 millions d’hectares de forêt sont sortis de terre entre 1985 et 2021.

Toutes ces nouvelles surfaces boisées représentent de belles opportunités d’investissement. D’autant qu’en France, la majorité de la superficie des forêts dépend de domaines privés.

Nombre d’hectares

Pourcentage

Propriété

12,7 millions

75 %

Forêts privées

2,8 millions

16 %

Forêts communales

1,5 million

9 %

Forêts domaniales

Les forêts domaniales appartiennent à l’État tandis que les forêts communales sont les propriétés des villes et des collectivités territoriales.

Notez que le territoire français est aussi inégal en matière de taux de boisement : le sud-est et le sud-ouest sont ainsi nettement plus boisés que le nord-ouest du pays.

L’investissement forestier, un achat sur le long terme

Avec ce type d’investissement, vous dépendez du cycle de la nature. Pour espérer tirer des revenus de la vente du bois, vous devrez logiquement attendre que vos arbres aient suffisamment poussé.

Et la patience est aussi de mise si vous visez la défiscalisation. À l’image des dispositifs existants dans l’immobilier, les avantages fiscaux que vous obtiendrez avec un investissement forestier ne vont pas sans contrepartie. Dans l’immobilier, il peut s’agir de travaux de rénovation ou de réhabilitation à effectuer. Dans le milieu forestier, l’engagement à respecter se concrétise sous la forme d’un plan simple de gestion (PSG). Obligatoire si votre propriété est supérieure ou égale à 25 ha, ce plan de gestion doit couvrir une période de 30 ans minimum.

2. Quelle part de son patrimoine consacrer à la forêt ?

Tout investissement présente un risque financier, aussi minime soit-il. L’objectif ? Qu’il n’impacte ni votre vie quotidienne, ni vos économies.

L’acquisition d’une forêt doit rester un placement financier pour diversifier votre patrimoine et en retirer des revenus. La mise de départ conseillée ? Un capital engagé équivalent à 5 à 10 % de votre patrimoine.

3. Quel budget pour investir dans une forêt ?

Le prix moyen d’un hectare de forêt non bâti s’élève à 4 190 € en France. Mais cette moyenne nationale varie fortement : 620 euros/ha pour les forêts les moins chères et jusqu’à 12 470 euros/ha pour les plus convoitées, soit presque 3 fois plus qu’au niveau national (source : Centre national de la propriété forestière).

Cette grande disparité des prix peut s’expliquer par différents facteurs comme :

  • l’essence dominante de la parcelle ;
  • son emplacement (il existe de grandes disparités régionales) ;
  • sa facilité d’exploitation ;
  • la concurrence entre acheteurs ;
  • etc.

Pour investir de façon durable, il est conseillé d’investir entre 25 et 50 ha, en sélectionnant si possible des essences de qualité dont le prix se situe aux alentours de 10 000 euros/ha. En somme, pour réaliser un bon investissement forestier, prévoyez un budget entre 250 000 et 500 000 euros si vous choisissez d’acheter seul des parcelles. L’opération sera moins coûteuse via un groupement foncier forestier. 

4. Achat de parcelles ou parts de groupement forestier ?

Investir seul ou dans un groupement foncier forestier ? Étudiez bien vos objectifs et votre budget pour choisir la meilleure solution.

L’achat de parcelles

Vous envisagez d’acheter une petite forêt pour diversifier votre patrimoine, y récolter du bois ou vous y promener ? Une acquisition de parcelles constitue un investissement qui doit correspondre à votre budget et se trouver idéalement à proximité de votre lieu de domicile.

Les groupements forestiers

Comme pour une société civile immobilière (SCI), un groupement foncier forestier (GFF) permet de mutualiser les capitaux de plusieurs investisseurs. Accessible à partir de 2 000 euros, ce groupement facilite votre investissement et vous donne accès à de plus vastes patrimoines forestiers, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux et de revenus récurrents.

En France, il existe 14 groupements fonciers forestiers.

5. Quelle rentabilité espérer ?

Un investisseur peut s’attendre à obtenir un rendement brut compris entre 1 et 3 %. La majorité des investissements affichent en effet un rendement autour de 2 %, notamment via un groupement foncier forestier ou un groupement forestier d’investissement.

Ce taux peut être revu à la hausse selon votre gestion et les essences d’arbres qui composent votre forêt. Sachez que vous disposez de 2 sources de revenus quand vous êtes propriétaire d’une forêt :

  • les revenus d’exploitation ;
  • les revenus du droit de chasse.

Les revenus d’exploitation

Le principal intérêt d’un investissement forestier réside dans la coupe d’arbre. Cette activité vous permettra de générer des revenus, mais il faudra vous armer de patience puisqu’il faut attendre plusieurs dizaines d’années pour couper certains arbres (15 ans pour un peuplier, 45 pour un résineux et jusqu’à 75 ans pour certains feuillus).

Les arbres feuillus représentent 67 % du volume sur pied en France. Parmi eux, les chênes sont les plus présents avec 44 % du volume.

Ces revenus interviennent de façon irrégulière et dépendent de plusieurs facteurs comme :

  • le nombre d’essences d’arbre que composent votre forêt ;
  • la surface couverte ;
  • la qualité de vos arbres, etc.

Vous n’êtes pas imposé sur le bénéfice de votre exploitation, seulement sur votre revenu cadastral.

Les revenus du droit de chasse

Dans la trentaine de départements qui ont adopté la loi Verdeille, votre terrain peut être mis à disposition, sans votre accord, de l’association communale de chasse agréée (Acca). Les critères de superficie (limite de 20, 40 ou 60 ha) diffèrent d’un département à l’autre.

Pour vous y opposer, selon le décret n°2019-1432, vous devez envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception dans les 6 mois qui précédent les multiples de 5 anniversaires (5, 10, 15 ans, etc.) de la date de création de l’Acca.

Si votre terrain ne rentre pas dans les critères de surface, vous avez la possibilité de le louer. À vous de fixer le tarif ! Le prix varie entre 30 et 100 €/ha selon le gibier présent sur votre ou vos terrains.

6. Quels avantages fiscaux attendre ?

L’achat d’une forêt via un groupement forestier (GF) vous donne droit à quelques coups de pouce de l’administration fiscale.

Avantage fiscal

Détail

L’exonération sur l’impôt sur le revenu

Les parts dans un GF sont défiscalisées à hauteur de 25 % (loi Madelin) ou 18 % (loi DEFI).

L’exonération sur l’impôt sur la fortune immobilière

Tout propriétaire d’une forêt ou de parts dans un GF bénéficie d’une exonération partielle de 75 % de la valeur de son bien.

L’exonération sur les opérations de donations et de successions

Vous pouvez bénéficier d’un abattement de 75 % des frais de succession jusqu’à 76 000 €. Au-delà, la réduction passe à 50 %.

L’exonération sur la plus-value

Si vous revendez votre parcelle à une valeur supérieure à 15 000 €, votre vente sera imposée. Mais vous pouvez bénéficier d’une exonération totale sur votre plus-value à condition que vous soyez propriétaire depuis plus de 22 ans.

Avant ce délai, vous bénéficiez d’un abattement équivalent à 10 €/ha et par année de détention.

7. Quelles précautions prendre pour l'achat de forêt ?

L’investissement forestier ne doit pas être pris à la légère. Voici quelques précautions à anticiper :

  • renseignez-vous bien en amont ;
  • vérifiez les droits de préférence et de péremption ;
  • prévoyez un budget pour l’entretien.

Étudiez avec précision votre projet d’achat

Investir dans l’immobilier et dans une forêt sont 2 opérations bien distinctes. Sur le marché immobilier, vous n’aurez aucun mal à trouver des annonces. Pour une forêt, la tâche sera un peu plus compliquée puisque les forêts se vendent très peu et restent souvent dans le patrimoine familial. Voici quelques conseils pour identifier des terrains à vendre :

  • commencez par les notaires, ils peuvent connaître des forêts en vente dans votre zone ;
  • adressez-vous aux syndicats des propriétaires forestiers ou aux coopératives forestières à côté de chez vous ;
  • contactez les experts forestiers recensés sur le site du centre national de la propriété forestière (CNPF) de votre région ;
  • certaines agences immobilières sont spécialisées dans ce type de vente.

Attention aux droits de préférence et de préemption

Toute vente d’une propriété classée au cadastre en nature de bois ou dont la superficie est inférieure à 4 ha est soumise au droit de préférence des propriétaires voisins. Cela signifie qu’avant de pouvoir vous vendre son bois ou sa forêt, le vendeur doit en informer ses voisins qui sont prioritaires sur la vente.

Le même cas peut s’appliquer aux acteurs publics avec :

  • le droit de préférence et de préemption de la commune ;
  • le droit de préemption de l’État.

Prévoyez un budget pour l’entretien

Autre point important : pensez à la gestion et à l’entretien de votre forêt. Plusieurs opérations doivent être réalisées régulièrement, comme le débroussaillage, le dépressage, les éclaircies ou les replants. Pour cela, faites-vous conseiller par un gestionnaire forestier (environ 120 €/ha/an).

Ce tarif ne comporte pas le coût de replantation, qui peut bénéficier de subventions.

  1. En France, le prix moyen d’une forêt s’affiche à 4 190 €/ha et peut atteindre jusqu’à 12 470 euros/ha.
  2. Pour en devenir propriétaire, vous avez le choix entre l’acquisition de parcelles ou via un groupement forestier. Dans les 2 cas, engager un capital qui ne dépasse pas 5 et 10 % de votre patrimoine est recommandé.
  3. Investir dans une forêt vous permet de bénéficier de nombreuses exonérations sur vos impôts (revenu, fortune immobilière, etc.).

Haut de page