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L’optimisation fiscale du PEA : comment minimiser l’imposition en cas de retrait ou clôture anticipée ?

Sommaire

Lorsque vous retirez de l’argent de votre enveloppe PEA, une fiscalité s’applique. Celle-ci varie selon plusieurs facteurs. Mais rassurez-vous ! Vous pouvez la réduire avec quelques astuces et en évitant certains pièges. Que retenir de la fiscalité du PEA et comment l’utiliser pour optimiser la gestion de votre patrimoine ? Ooinvestir vous explique tout !

Le PEA, un cadre d'investissement fiscalement avantageux

Le plan d'épargne en actions (PEA) est une forme de compte-titres. Il vous permet d’acquérir et de gérer un portefeuille d’actions en bourse et d’OPCVM d’actions européennes, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux.

Définition et fonctionnement du PEA 

Le PEA est accessible à toute personne majeure (18 ans révolus), ayant son domicile fiscal en France. Une personne ne peut ouvrir qu’un seul PEA classique. 

Bon à savoir : En 2019, la loi PACTE a créé le PEA Jeune qui permet aux investisseurs âgés de 18 à 25 ans d’épargner tout en étant encore rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Ce compte devient automatiquement un PEA classique lorsque le souscripteur quitte le foyer fiscal de ses parents ou dépasse l’âge de 25 ans.

L’enveloppe PEA s’alimente de 2 manières :

  • des versements libres par lesquels le souscripteur achète progressivement ses titres ;
  • des versements programmés pour orienter chaque montant vers des supports préalablement choisis.

Le PEA fonctionne comme un livret d’épargne à 2 compartiments :

  • le PEA espèces, qui comporte les versements ;
  • le portefeuille proprement dit, qui comporte les actions acquises en bourse grâce aux versements sur le compte espèces.

Bon à savoir : L’enveloppe du PEA est limitée à un plafond de versement de 150 000 euros. Ce plafond ne concerne que les versements : il ne s’applique pas aux gains/dividendes.

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Pour contourner ce seuil de versement, il est possible de cumuler un PEA classique et un PEA PME-ETI. Le PEA PME-ETI vise à orienter l'épargne des Français vers le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Il fonctionne presque comme un PEA classique, à l'exception du plafond des versements (d’un montant de 75 000 €) ainsi que des titres que vous pouvez acheter. Dans tous les cas, le cumul des versements sur les 2 comptes PEA et PEA-PME-ETI ne doit pas dépasser 225 000 €.

Le PEA est destiné à financer l’investissement en actions en Europe. Il existe des exceptions pour quelques types d’actions en bourse ou certains ETF. Il s’agit essentiellement des ETF (trackers qui reproduisent la performance d’un indice) qui respectent la contrainte « des 75 % » : pour qu’un ETF soit éligible au PEA, il doit se composer d’un portefeuille d’actions avec au moins 75 % de titres d’entreprises européennes.

Bon à savoir : Il faut distinguer le PEA classique (PEA bancaire) du PEA assurance. Beaucoup moins répandu, le PEA assurance s’ouvre auprès d'une compagnie d'assurance. Tout comme l’assurance vie, le PEA assurance donne lieu à la souscription d'un contrat de capitalisation en unités de compte pour profiter des avantages du PEA auprès de la société d’assurance.

Les avantages fiscaux associés au PEA

Le PEA offre aux investisseurs une fiscalité très attractive. En effet, le PEA est l’enveloppe fiscale la plus efficace pour bénéficier de la fiscalité sur les bénéfices, devant l’assurance vie.

L’attrait fiscal principal du PEA ? La possibilité d’exonération totale d’impôt sur le revenu. Deux conditions s’appliquent :

  • tant que vous n’effectuez aucun retrait, vos gains (dividendes des actions et plus-value) sont exonérés d’impôt sur le revenu. Il est donc possible de réinvestir ou de capitaliser les gains en franchise d’impôt ;
  • au-delà de 5 ans de détention sans retrait, cette exonération est définitivement acquise sur pour les produits et les plus-values. Seuls les prélèvements sociaux, au taux de 17,2 %, restent dus.

Les arbitrages ne sont pas systématiquement fiscalisés : ce n’est qu’à la fermeture du plan que les impôts sont appliqués.

La fiscalité en cas de retrait ou clôture anticipée d'un PEA

Ooinvestir vous explique la fiscalité applicable dans ces situations.

Calendrier fiscal du PEA : période de blocage, régime fiscal…

Le PEA est bloqué pendant les 5 années qui suivent le premier versement. Cela signifie qu'en principe, un retrait partiel ou total avant ces 5 premières années entraîne la fermeture automatique du plan et la perte des avantages fiscaux associés.

Après la 5e année de détention, chaque retrait est exonéré d’impôt sur le revenu (sauf prélèvements sociaux). Et en cas de retraits partiels, le PEA reste ouvert.

Autrement dit, le PEA fonctionnera comme un compte-titres, avec une gamme d’actions plus restreinte, mais une exonération d’impôt sur le revenu à la clé.

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Impact fiscal des retraits selon l’ancienneté du PEA

L’impact fiscal des retraits d’un PEA dépend directement de l’ancienneté du plan. 

  • Avant 5 ans : tout retrait (sauf cas dérogatoire : invalidité, licenciement, retraite anticipée, etc.) entraîne la fermeture du PEA et l’imposition des gains à la flat tax au taux de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Il s'agit donc de la période la moins favorable fiscalement.

Exemple : un investisseur ouvre un PEA en janvier 2023 et souhaite retirer un montant de 10 000 € en mars 2025. Puisque son plan n’a pas encore 5 ans, ce retrait entraîne sa clôture et l’imposition de ses 2 000 € de plus-values à 30 %, soit 600 € d’impôts. S’il avait attendu janvier 2027, il n’aurait payé que 17,2% sur la part des plus-values retirées, soit 344 €.

  • Au terme des 5 ans : les retraits n’entraînent plus la fermeture du plan. La plus-value réalisée est totalement exonérée d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 % s’appliquent sur la part de gains ou de dividendes retirés. Vous avez toujours le droit de faire fructifier votre capital et d’effectuer des retraits partiels sans pénalité fiscale.
  • Après 8 ans de vie du PEA (dans le cas du PEA-PME ou du PEA Assurance) : certaines dispositions spécifiques peuvent s’appliquer, comme le droit de transformer le plan en rente viagère exonérée d’impôt sur le revenu, tout en restant soumise aux prélèvements sociaux.

Stratégies d'optimisation fiscale du PEA

Pour un PEA efficace fiscalement, Ooinvestir vous livre quelques conseils.

Techniques d'optimisation spécifiques au PEA

Avec quelques techniques, il est possible de transformer son PEA en véritable machine à optimisation fiscale :

  • la technique de l’adaptation selon l’âge : adaptez vos versements en fonction de votre âge et de votre expérience. Un jeune investisseur devrait par exemple privilégier des versements réguliers et progressifs pour lisser les effets de marché. En revanche, un investisseur plus expérimenté optera pour des versements plus importants afin de maximiser les avantages fiscaux à long terme. Dans tous les cas, il est conseillé d’ouvrir son PEA le plus tôt possible, même avec un faible montant. De quoi atteindre le plus rapidement possible la date des 5 ans ;
  • la technique de la gestion dite "fiscalement neutre" : dans un PEA, tous les mouvements (achats, ventes, arbitrages, réception de dividendes) sont fiscalement neutres. Cette spécificité transforme le plan en un véritable écosystème d’optimisation. Il est donc possible de vendre des titres ayant généré une plus-value au sein du plan et de réallouer le capital vers d’autres titres, sans que cette opération n’entraîne la moindre imposition, tant que les revenus et dividendes restent investis dans le cadre du PEA ;
  • la technique de l’optimisation des sorties : au lieu d’un retrait important de fonds, privilégiez plusieurs retraits échelonnés pour lisser l’effet fiscal des retraits et maintenir le PEA actif.

Optimisation fiscale en cas de retrait ou clôture anticipée

En cas de retrait anticipé (avant 5 ans), il n’est pas possible de bénéficier d’un avantage fiscal. Seuls certains événements donnent droit à une exonération : 

  • invalidité (du titulaire ou son conjoint) ;
  • licenciement ;
  • mise à la retraite anticipée ;
  • création ou reprise d’entreprise.

Dans ces cas, les gains ou dividendes restent exonérés d’impôt sur le revenu mais les prélèvements sociaux s’appliquent.

Autre cas de figure : celui d’une année fiscale sans revenus. Dans ce cas, un retrait avant 5 ans peut se révéler moins coûteux.

Bon à savoir : Si le retrait est inévitable, vous avez le droit, depuis la loi PACTE, de reconstruire un avantage fiscal sur le long terme, en redémarrant un nouveau cycle de 5 ans sur un nouveau PEA.

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Les erreurs à éviter pour préserver l'avantage fiscal du PEA

L’investissement en PEA cache certains pièges à éviter :

  • le dépassement du seuil légal : surveillez le total de vos versements cumulés pour ne pas dépasser les 150 000 € de capital. Les plus-values générées sur les versements ne comptent pas dans ce calcul ;
  • les retraits anticipés : modulez vos versements. Les conseillers en investissement recommandent de disposer d’une épargne de précaution – généralement 3 à 6 mois de dépenses courantes - pour faire face aux imprévus ;
  • l’IFI sur PEA : si votre patrimoine immobilier excède 1,3 million d’euros, le type de PEA peut impacter votre IFI. Un PEA assurance se montre alors plus avantageux : seuls les versements effectués sont pris en compte dans l’assiette de l’IFI, même s’il contient des titres immobiliers ;
  • le mauvais calcul des 5 ans : à la différence d’autres contrats comme l’assurance vie, ce n’est pas la date d’ouverture du PEA qui compte mais celle du premier versement. 
  1. Le PEA permet d’investir en actions européennes dans un cadre fiscal très avantageux
  2. Avec le PEA, vous bénéficiez d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les gains après 5 ans de détention.
  3. Tout retrait avant la 5e année de vie du PEA entraîne une fermeture du plan et une application de l’impôt sur le revenu : plus vous patientez, plus la fiscalité devient avantageuse.
  4. Pour optimiser fiscalement votre PEA, veillez au timing des retraits et n’oubliez pas que les arbitrages internes (réinvestissement sans sortir de l’enveloppe du PEA) ne sont pas imposables.

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